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Marathon de Montréal 2015 – race report

L’idée de m’inscrire à mon 1e marathon était à la fois excitante et angoissante. J’avais tellement aimé l’expérience à Montréal en 2014 courant mon 1e demi-marathon que le défi de courir le marathon complet au même événement m’interpellait. Et avec presqu’un an de préparation devant moi, je me suis dit : pourquoi pas?

Guillaume avait lui-même son énorme défi, s’étant déjà inscrit à son premier IM70.3. Toutefois, il a trouvé que pour lui-même aussi, un marathon serait une bonne idée. En fait, tellement bonne qu’il a commencé à me parler d’une qualification pour le marathon de Boston. Alors, j’ai pensé que oui, quel beau projet… avec 1-2 ans d’expérience de marathons, ce serait un bel objectif réalisable. Mais non, Bouboutte, on se qualifie pour Boston en 2015… ugh…

Un marathon demande bien de la planification pour laquelle je n’avais aucune expérience. Je me suis demandé pendant des semaines quoi m’apporter pour m’hydrater et me nourrir et je ne m’étais toujours pas décidé la veille. Une erreur peut coûter cher. Proportion eau/Infinit (breuvage sportif en haute teneur calorique)? Combien de gels prendre pour consommer assez de calories mais ne pas risquer souffrir de problèmes intestinaux? Avec quoi pourrais-je substituer les gels? J’ai aussi un grand besoin d’eau. Une ceinture de 4 bouteilles est trop pour plusieurs coureurs, mais pas assez pour moi, je craignais. Alors je me suis achetée une bouteille qui s’ajoute à ma ceinture = 5. 3 bouteilles d’eau, 2 d’Infinit. Meilleur achat que j’aurais pu faire. J’avais aussi étudié où se trouvaient les stations de bananes (dont j’ai bien profitées, et dont je recommande fortement) et de gels (au cas où j’en perdais en chemin). Rien de plus à faire.

Au début, il y a une décision à prendre. J’essaie réellement pour un temps de Boston (i.e., pace de 5:20min/km sur 42.2km; marathon en 3:45 heures) ou si c’est trop agressif comme but et j’y vais avec un temps plus réaliste pour moi (ce que la littérature prédit que je peux faire: environ 5:34min/km)? Le risque d’essayer trop vite est exactement ce que je décris plus haut: frapper un mur. Je décide pour la première option, mais que si à un point relativement tôt je ne me sens pas bien, je ralentis.

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Je dis à Guillaume ‘‘see you on the flip side’‘, il va se placer dans son corral et j’attends le son du départ. Je suis dans le corral de 3:45, où le lapin de course est nu-pieds… bon s’il est capable de courir cette distance de cette manière, je suis capable de faire la distance avec mes Kinvaras!

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Je reconnais la 1e moitié du parcours, l’ayant empruntée l’an dernier. J’y suis confortable. Je roule aux alentours de 5:15min/km, je me demande si je devrais ralentir, mais pourquoi, je me sens très bien. Il ne fait pas chaud, mais j’arrache quand même un verre d’eau à chaque station (et ma demie-banane). Tout va bien. Je reconnais bien la côte Berri, mais après Rougemont et Rouyn, ce n’est pas une des côtes les plus impressionnantes. Au split, les coureurs du demi-marathon vont vers la ligne d’arrivée (à droite) et nous vers la gauche. C’est alors une atmosphère très différente, car la concentration de coureurs diminue énormément. Plus tard, il y aura une plus grande foule, mais pour l’instant, dans certaines rues, je me retrouve seule. Je ne peux pas dire que c’est très dérangeant, ça me met dans un mind frame d’entraînement que je connais bien.

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Ce que je vois bien à chaque checkpoint (5-10-21.1km..) est que j’ai trop dévié du parcours médian; j’arrive à des distances relativement supérieures à la marque. Je courrai donc plus que 42.2km et je réalise que même si je savais, je n’avais pas bien planifié pour ça. Je dois donc être plus rapide que le 5:20min/km théorique qui était déjà un grand défi. Je ralentis quand même dans la 2e moitié du marathon, tel que planifié pour effectuer un  »positive split » (courir la 2e moitié du parcours plus lentement que la 1e), mais subtilement.

J’avais peur de ne pas avoir la force mentale pour effectuer une telle distance, de frapper un mur, me dire que je pourrais (à la place) être en train de relaxer avec une tasse de café, mais je n’ai jamais eu de telles pensées négatives. Toujours heureuse où j’étais et me considérant chanceuse de pouvoir participer à une telle aventure. Je sais que je cours ma 2e moitié de course aux environ de 5:30min/km (mon split le plus lent est 5:55). Je me demande même si j’ai assez d’énergie pour pousser plus fort, reprendre mon beat de 5:15. J’essaie quelques fois, mais ça ne dure quelques secondes. Je donne tout ce que je peux à cette distance.

Vers le 40e km, je remarque 2 filles assises sur le trottoir et il me semble que ce serait très bien à ce moment précis de m’écraser avec elles, mais non, c’est presque fini et il y aura la récompense du repos très bientôt.

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Je m’admets bien éventuellement que je n’arriverai pas à un marathon de 3:45. J’arrive à mon 42.2km en 3:47 et je finis la course en 3:51 (6minutes du cut-off théorique pour Boston avec un pace moyen de 5:23min/km); 127/1063 Femmes; 21/180 (F40-44). L’atmosphère menant à la ligne d’arrivée est hallucinante, les encouragements des gens me transportent et je finis avec  »C’est la vie » de Khaled qui joue. Je vais recueillir ma médaille, les larmes aux yeux, et la dame me la tendant est émue de mes émotions.

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J’ai lu des commentaires négatifs à propos du Marathon Oasis de Montréal (parcours qualifié de plate ou difficile), mais pour moi, les deux fois ont été magiques. Non, je ne me suis pas qualifiée pour Boston cette fois-ci, mais je suis loin d’être déçue, ça n’aurait été que la cerise sur le sundae (comme Guillaume dit si bien). C’est un de mes moments les plus fiers. Pas seulement complété mon 1er marathon, je l’ai effectué dans un temps que je n’aurais jamais pu penser, un temps d’environ 7min plus vite que le prédisait certains calculateurs théoriques. Et pour ça, je remercie Guillaume qui a cru en moi, qui m’a fait penser que ce genre de pace était atteignable et tout à fait réaliste pour moi. Je suis si fière de lui aussi (lui-même à 1 minute du cut-off de Boston), mais pour tellement plus, pour la passion et la détermination qu’il exerce et l’exemple qu’il donne quotidiennement. Je suis reconnaissante et chanceuse d’avoir un mari qui nous pousse fort à atteindre nos objectifs et nos rêves.

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Le marathon de Montréal en 44 points, selon Guillaume:

marathon

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