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Jours 89-90: Triathlon Demi Longue Distance (70.3) Magog – Trimemphré

Décidemment, l’attitude « B race » pour moi est payante… L’an dernier je me suis pointé à Magog sans attente, un peu pissou à cause du parcours de vélo ouvert à la circulation. Le résultat de 2016 était (à l’époque) mon meilleur temps au 70.3, sur un parcours plus difficile que celui de Tremblant.

Cette année, j’étais aussi un peu dans une phase « meh » pour Magog… Tremblant avait super bien été, et je m’étais bien amusé à Mégantic… et je commençais à ressentir la fatigue. J’ai besoin d’une semaine de récupération, je crois. En plus on couchait dans un motel, errrrrr, économique à 20min de route… Disons que j’étais pas trop dans le mode triathlon.

20min de route, donc réveil à 5:15, mange en 2min, habille, prêt à partir! Mais bon… des filles de 8 et 10 ans ça prend plus que 2min à se réveiller 🙂 Je tournaille en attendant et on part. On se stationne, je trouve ça prend du temps à payer au stationnement, je trouve c’est long prendre mon dossard, attendre au marquage, placer mon stuff dans la transition… J’ai comme l’impression d’être en retard sur tout…

L’impression? iiiiiiiiish… une chance que notre départ a été retardé de 10min, parce que j’arrive à peu près 2min avant le départ sur la plage. Pas de saucette, pas de réchauffement, photo rapide avec mon fan club, à peine le temps de dire salut à Yôme que j’entends le « TOOOOOOOT » de départ!

La plage à Magog est pleine de cailloux, c’est super (pas) trippant de courir dans l’eau pour le départ en se massacrant les pieds. Ah well. Il y a du monde à la messe aujourd’hui! C’est la qualification pour le championnat ITU longue distance, alors il y a plus de participants que l’an dernier. Je mange des pieds, coups de bras dans le dos, un gars qui trippe brasse à côté (c’est correct, mais il en prend de la place!). Bref, vraiment pas calme comme nage. Quand ça commence à se calmer, les femmes rapides me passent par-dessus. Décidemment, pas ma meilleure nage. C’est un pattern en 2017, on espère que ça va se replacer à Chattanooga!

Nage: 43:30 – un peu plus vite qu’à Tremblant, un peu plus lent qu’à Magog en 2016. Ça résume assez bien ce qui s’est passé dans l’eau.

Transition 1 correcte, pas trop perdu de temps à mettre mes bas et le reste de mon équipement. Battu avec wetsuit. À travailler un peu. Je crois que j’arrive toujours comme un peu dans les nuages en sortant de la nage…

Le vélo… Le premier 3-4km c’est l’adrénaline du départ, ça va toujours assez vite et pas mal de puissance. Habituellement, je slack un peu, par peur de manquer de jus en course à pied. Mais ça fait 4 épreuves en ligne que je pense que je garde trop de jus. Je décide donc de pousser un peu plus.


Section plus technophile!

Target 200W de moyenne en maintenant une moyenne normalisée de 220W max (VI de 1.1). Ça devrait me donner environ 85% d’effort (0.85IF – Intensity Factor). Normalement, je devrais viser un VI de 1.05 en triathlon, mais Magog a des côtes, alors je me permets jusqu’à 1.1…

La puissance moyenne, c’est celle lue directement sur le capteur de puissance.

La puissance normalisée, c’est la puissance moyenne sur 30s, moyenne et cumulative. Exemple: un cycliste qui roule à 200W contant pendant 30min aura aussi une puissance normalisée de 200W. Par contre, le cycliste qui alterne 2min à 400W et 2min à 0W (monte descend monte descend) pendant 30min aura aussi une puissance moyenne de 200W, mais une puissance normalisée plus haute – son effort relatif a été plus forçant.

Le VI, pour les intimes, c’est la puissance normalisée divisée par la puissance moyenne brute… C’est plus forçant de changer toujours de puissance que de rester stable, donc on essaie de viser le plus de stabilité possible. D’où le rapport de 1.05. Les montées, ça rend ça plus compliqué.


Donc l’objectif de la journée: pas se défoncer dans les montées, se défoncer dans les plats. Essayer de maintenir autour de 200W tout le temps, pendant 2:45 environ.

Le parcours de vélo a changé… On fait maintenant un long bout semi plat en plein milieu, et on finit avec une boucle du parcours Olympique. Le bout semi-plat: très, très rapide. Le bout Olympique: très technique, des tournants partout, des montées, des descentes et surtout beaucoup de monde (la fin du peloton Olympique). En tout et partout, j’estime que le nouveau trajet est un peu plus difficile que l’an dernier. Un peu moins d’ascension, mais un ralentissement au niveau du parcours Olympique. Mais ça va très bien, pas de raideur, pas de fatigue.

Vélo: 2:41:11. À part Tremblant en 2015 (sur un parcours plus facile), mon meilleur split de vélo. Et à Tremblant, j’avais crashé solide en course à pied. Je suis passé à Magog de la position 138/149 après la nage à 60/149. 78 hommes passés sur le vélo. Pas mal.

Après une transition pause pipi sans anicroche, la course à pied. Il fait chaud. Très chaud. Je sais que mes jambes ne sont pas aussi fraiches qu’à Tremblant à cause du vélo plus intense. Je pousse la première boucle du circuit à 4:10/km, mais je sais que ça ne tiendra pas. La deuxième boucle est pas mal, mais l’estomac rouspète et la tête commence à être légère. On ralentit un peu, le 3e tour est pénible mais ça se replace pour le 4e, et on finit en beauté. Loin de la course à Tremblant, mais quand même content compte tenu de la chaleur intense.

Course: 1:37:33

Résultat final: 5:09:48. 41/149 homme, 12/35 M40-44. 19 places gagnées en course à pied, nouveau PB sur la distance. Pour une course B, je ne me plaindrai pas du tout!!! La plupart des gens que je connais ont fait des temps plus lents à Magog qu’à Tremblant, moi je fais 1min plus vite. Satisfait.

Avec Yôme à l’arrivée. Manque photo de la famille et Yôme fêtant à la microbrasserie Memphré avec un bon repas bien arrosé.

Maintenant une pause bien méritée, et des vacances dans quelques semaines. Next stop: World Championship 70.3, Chatanooga, Tennessee!!!

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Jour 12 – Marathon des Érables 2017

Des fois, t’as beau planifier ta course, il y a quelque chose qui fonctionne pas comme ça devrait. Un peu comme au motel… genre, un lavabo dans le chemin qui bloque une porte. Pas grave! On tourne le lavabo de bord! 😐

Hier, Marathon des Érables. Au programme, j’accompagnais Diana dans sa course, pour la soutenir et l’encourager. Pour moi, ça voulait dire une longue course en trainant gels, bananes, bouteilles d’eau, etc. Le mulet de service! 🙂 En fait, j’étais probablement aussi nerveux qu’elle! Je ne voulais pas manquer à ma tâche. J’avais donc ma veste d’hydratation, avec toutes ses poches pour trainer la nourriture, et mon hydratation.

À la sortie du motel, je remarque une belle grande coulisse rouge sur le plancher… et je m’aperçois que mon réservoir fuit. Je tente tant bien que mal d’arranger le tout mais ça marche pas: je devrai donc me fier complètement aux tables pour mon hydratation, ce qui en soi n’est pas fatal, mais quand même pas prévu. Surtout qu’il servait une boisson électrolyte que je ne trouve pas très bonne. Mon lavabo venait de faire un 90 degrés lui aussi.

Le parcours est bien – pas de côtes à part vers la fin mais un peu de vent, surtout lorsqu’on passe près des champs. Il n’y avait pas beaucoup de toilettes mais bon, pas dramatique. La tire d’érable devrait être plus fréquente sur les parcours de course :p

Résultat: On sera mieux préparés la prochaine fois (c’est facile d’être un lapin de cadence avec un temps fixe, mais c’est moins facile lorsqu’on s’ajuste à la vitesse de l’autre) et j’aurai une nouvelle poche d’hydratation.

PS: Bravo à ma soeur Constance pour son PB au demi-marathon, et à tous mes amis qui courraient aussi!

Jour 13: Passage en mode demi-Ironman.


Nutrition: Le lunch d’après-course était pas pire, mais un peu faible en protéines et haut en sucres… mais bon, je me plaindrai pas (beigne, pet de soeur, cidre, soupe au pois…)

Et avis aux gens de Ste-Rose (et de Laval en général). Papparazi’s sur Curé-Labelle, petite pizzeria sans prétension, est EXCELLENT. Toute la famille a adoré!

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Marathon de Montréal 2015 – race report

L’idée de m’inscrire à mon 1e marathon était à la fois excitante et angoissante. J’avais tellement aimé l’expérience à Montréal en 2014 courant mon 1e demi-marathon que le défi de courir le marathon complet au même événement m’interpellait. Et avec presqu’un an de préparation devant moi, je me suis dit : pourquoi pas?

Guillaume avait lui-même son énorme défi, s’étant déjà inscrit à son premier IM70.3. Toutefois, il a trouvé que pour lui-même aussi, un marathon serait une bonne idée. En fait, tellement bonne qu’il a commencé à me parler d’une qualification pour le marathon de Boston. Alors, j’ai pensé que oui, quel beau projet… avec 1-2 ans d’expérience de marathons, ce serait un bel objectif réalisable. Mais non, Bouboutte, on se qualifie pour Boston en 2015… ugh…

Un marathon demande bien de la planification pour laquelle je n’avais aucune expérience. Je me suis demandé pendant des semaines quoi m’apporter pour m’hydrater et me nourrir et je ne m’étais toujours pas décidé la veille. Une erreur peut coûter cher. Proportion eau/Infinit (breuvage sportif en haute teneur calorique)? Combien de gels prendre pour consommer assez de calories mais ne pas risquer souffrir de problèmes intestinaux? Avec quoi pourrais-je substituer les gels? J’ai aussi un grand besoin d’eau. Une ceinture de 4 bouteilles est trop pour plusieurs coureurs, mais pas assez pour moi, je craignais. Alors je me suis achetée une bouteille qui s’ajoute à ma ceinture = 5. 3 bouteilles d’eau, 2 d’Infinit. Meilleur achat que j’aurais pu faire. J’avais aussi étudié où se trouvaient les stations de bananes (dont j’ai bien profitées, et dont je recommande fortement) et de gels (au cas où j’en perdais en chemin). Rien de plus à faire.

Au début, il y a une décision à prendre. J’essaie réellement pour un temps de Boston (i.e., pace de 5:20min/km sur 42.2km; marathon en 3:45 heures) ou si c’est trop agressif comme but et j’y vais avec un temps plus réaliste pour moi (ce que la littérature prédit que je peux faire: environ 5:34min/km)? Le risque d’essayer trop vite est exactement ce que je décris plus haut: frapper un mur. Je décide pour la première option, mais que si à un point relativement tôt je ne me sens pas bien, je ralentis.

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Je dis à Guillaume ‘‘see you on the flip side’‘, il va se placer dans son corral et j’attends le son du départ. Je suis dans le corral de 3:45, où le lapin de course est nu-pieds… bon s’il est capable de courir cette distance de cette manière, je suis capable de faire la distance avec mes Kinvaras!

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Je reconnais la 1e moitié du parcours, l’ayant empruntée l’an dernier. J’y suis confortable. Je roule aux alentours de 5:15min/km, je me demande si je devrais ralentir, mais pourquoi, je me sens très bien. Il ne fait pas chaud, mais j’arrache quand même un verre d’eau à chaque station (et ma demie-banane). Tout va bien. Je reconnais bien la côte Berri, mais après Rougemont et Rouyn, ce n’est pas une des côtes les plus impressionnantes. Au split, les coureurs du demi-marathon vont vers la ligne d’arrivée (à droite) et nous vers la gauche. C’est alors une atmosphère très différente, car la concentration de coureurs diminue énormément. Plus tard, il y aura une plus grande foule, mais pour l’instant, dans certaines rues, je me retrouve seule. Je ne peux pas dire que c’est très dérangeant, ça me met dans un mind frame d’entraînement que je connais bien.

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Ce que je vois bien à chaque checkpoint (5-10-21.1km..) est que j’ai trop dévié du parcours médian; j’arrive à des distances relativement supérieures à la marque. Je courrai donc plus que 42.2km et je réalise que même si je savais, je n’avais pas bien planifié pour ça. Je dois donc être plus rapide que le 5:20min/km théorique qui était déjà un grand défi. Je ralentis quand même dans la 2e moitié du marathon, tel que planifié pour effectuer un  »positive split » (courir la 2e moitié du parcours plus lentement que la 1e), mais subtilement.

J’avais peur de ne pas avoir la force mentale pour effectuer une telle distance, de frapper un mur, me dire que je pourrais (à la place) être en train de relaxer avec une tasse de café, mais je n’ai jamais eu de telles pensées négatives. Toujours heureuse où j’étais et me considérant chanceuse de pouvoir participer à une telle aventure. Je sais que je cours ma 2e moitié de course aux environ de 5:30min/km (mon split le plus lent est 5:55). Je me demande même si j’ai assez d’énergie pour pousser plus fort, reprendre mon beat de 5:15. J’essaie quelques fois, mais ça ne dure quelques secondes. Je donne tout ce que je peux à cette distance.

Vers le 40e km, je remarque 2 filles assises sur le trottoir et il me semble que ce serait très bien à ce moment précis de m’écraser avec elles, mais non, c’est presque fini et il y aura la récompense du repos très bientôt.

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Je m’admets bien éventuellement que je n’arriverai pas à un marathon de 3:45. J’arrive à mon 42.2km en 3:47 et je finis la course en 3:51 (6minutes du cut-off théorique pour Boston avec un pace moyen de 5:23min/km); 127/1063 Femmes; 21/180 (F40-44). L’atmosphère menant à la ligne d’arrivée est hallucinante, les encouragements des gens me transportent et je finis avec  »C’est la vie » de Khaled qui joue. Je vais recueillir ma médaille, les larmes aux yeux, et la dame me la tendant est émue de mes émotions.

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J’ai lu des commentaires négatifs à propos du Marathon Oasis de Montréal (parcours qualifié de plate ou difficile), mais pour moi, les deux fois ont été magiques. Non, je ne me suis pas qualifiée pour Boston cette fois-ci, mais je suis loin d’être déçue, ça n’aurait été que la cerise sur le sundae (comme Guillaume dit si bien). C’est un de mes moments les plus fiers. Pas seulement complété mon 1er marathon, je l’ai effectué dans un temps que je n’aurais jamais pu penser, un temps d’environ 7min plus vite que le prédisait certains calculateurs théoriques. Et pour ça, je remercie Guillaume qui a cru en moi, qui m’a fait penser que ce genre de pace était atteignable et tout à fait réaliste pour moi. Je suis si fière de lui aussi (lui-même à 1 minute du cut-off de Boston), mais pour tellement plus, pour la passion et la détermination qu’il exerce et l’exemple qu’il donne quotidiennement. Je suis reconnaissante et chanceuse d’avoir un mari qui nous pousse fort à atteindre nos objectifs et nos rêves.

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Le marathon de Montréal en 44 points, selon Guillaume:

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