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Jours 98-101: Varia

J’ai posté il y a quelques semaines à propos des tricheurs (au niveau des amateurs). Évidemment, le problème est plus grand chez les professionnels, d’où l’agence anti-dopage…

Il y a quelques semaines, Shalane Flanagan voyait sa médaille de bronze des jeux Olympiques de 2008 « upgradée » en médaille d’argent suite à la disqualification d’une compétitrice. Et bien cette disqualification donne aussi l’argent à Kara Goucher (au lieu du bronze) au Championnat du Monde de 2007 au 10000m.

Et la liste de toutes les médailles mises-à-jour suite à ces disqualifications

Justice rendue… 10 ans après… c’est bien, mais la course à pied commence sérieusement à ressembler au cyclisme 😦


Autre petit article intéressant, un peu une porte d’entrée à faire plus de recherce si ça vous intéresse: les origines de ANT+


Côté entraînement, après une semaine de récupération bien méritée à faible volume, c’est le retour de la progression vers les Championnats du Monde de 70.3 à Chattanooga. Rien de vraiment particulier, si ce n’est que j’irai nager en eau libre sans combinaison hypothermique plus souvent. L’eau est chaude apparemment au Tennessee…

Donc petit tour au lac, on y laisse les enfants pour quelques jours (congé pour nous et super temps avec grand-maman pour les filles). Ça permet donc aussi de faire des tests culinaires…

Aile de raie en spécial chez Adonis, pourquoi pas? Facile à préparer et de façon surprenante, très bon! 😉

 

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Jours 81-82-83: Canadaman Xtreme Triathlon 2017

Disclaimer: oui… je passe maintenant en groupe de jours sous un même thème, je n’arriverai pas à rattraper le retard sinon 🙂

Le triathlon extrême en Norvège, le « Norseman », m’attire depuis un certain temps. C’est un triathlon de distance Ironman, mais avec beaucoup plus de côtes en vélo qu’un « Ironman » traditionnel, et un marathon caractérisé par la montée d’une montagne dans les 10 derniers kilomètres.

Le paysage est superbe, la course est difficile… le genre de challenge que j’aimerais relever un jour! Comme l’entrée est une loterie, je mets mon nom dans le chapeau à chaque année et on verra bien quand je serai pigé!

L’annonce en 2016 d’un triathlon similaire au Canada était excitante. Encore plus excitant, c’est que c’est dans notre cours, au Québec, dans la région de Lac-Mégantic. On se jette à l’eau à 4:30 du matin, on fait du vélo dans les côtes de la région et on finit en montant le Mont Mégantic jusqu’à l’Observatoire, sous les étoiles (du moins pour ceux qui finissent plus tard). Pas de lotterie, places limitées. Je ne suis pas prêt pour un « Ironman » complet, et en plus c’est deux semaines après le demi à Tremblant, auquel je suis déjà inscrit, et une semaine avant celui de Magog. On oublie ça, l’an prochain peut-être…

Puis, il y a quelques mois, je vois passer sur la page Facebook d’une amie: cherche cycliste pour faire la portion vélo en équipe. Ah ben! Ça c’est moins intimidant, quand même un challenge intéressant et je me dis, pourquoi pas? Ça me donnera de l’expérience pour le Canadaman complet ou le Norseman dans le futur. Je donne mon nom, je fais maintenant partie de l’équipe. Je case une course de 180km entre deux demi-Ironman. Le calendrier vient de se charger tout d’un coup!


Fast forward quelques mois: vendredi d’avant course, je monte à Sherbrooke. Comme j’étais pas mal à la dernière minute à m’inscrire, les places pour coucher à Mégantic sont limitées et je ne suis pas un fan du camping avant une course (j’aime bien dormir…). Je me trouve une chambre pour la nuit du samedi au dimanche, mais je dois m’enregistrer le samedi de bonne heure et ça ne me tente pas de faire 3h de route le samedi matin. Je demande donc à ma cousine Geneviève si je peux passer la nuit de vendredi chez elle, ce qu’elle accepte. Woohoo! Je vais voir ma cousine, ma nouvelle « nièce » qui est née quelques semaines avant, et en bonus, je m’arrête au Lion d’Or pour manger et me faire des réserves de bières locales…

 


Samedi matin, je pars vers Mégantic et comme j’ai un bon 3h avant le diner, je décide de parcourir la route de vélo en automobile. J’avais le profil sur papier, mais c’est toujours mieux de voir les côtes, arrêts, toilettes en personne. Je tortillonne dans la région pendant 2h, sur 125km, et je me rassure que le parcours n’est pas si imposant que sur papier. Difficile, oui, mais pas impossible.

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La route du Morne, au loin. Une montée assez imposante (quoique elle est tellement petite au loin dans la photo que ça a pas l’air si pire que ça).

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Team 308!

Après le lunch dans un petit resto sympa de la place, je me dirige à l’enregistrement, où je rencontre pour la première fois Karyne, la nageuse de l’équipe et Caroline, notre coureuse. Super team, ça va être fun!

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Je drop mon vélo à la transition, et je parle avec mon ami d’université Alexandre, qui lui fait l’épreuve en solo. Changement dans mes plans: Alex n’a plus d’accompagnateur (obligatoire) pour la dernière montée du 8km en course. Je lui dit qu’à moins d’un accident en vélo, je monterai avec lui. La journée de dimanche s’allonge!


Après un bon dodo de 8h (c’est rare avant une course – d’habitude j’ai toute la misère du monde à m’endormir), je me réveille, mange mon bagel et ma banane et je me dirige vers la transition 1, où j’attends Karyne pour me passer le relai. Vers 5:45, à peu près au moment prévu, elle arrive, me donne la puce, me souhaite bonne chance et ma journée de travail commence. Celle-ci:

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Jean, le cycliste original mais maintenant blessé, me suis en automobile. Il m’attend à chaque endroit où il y a des toilettes, et je ferai ravitaillement et/ou pipi au besoin. Sinon je lui fais signe de la main et je passe tout droit. Il fait froid le matin, et comme je suis très frileux, j’opte pour mon manteau de vélo, mes bas de compression, mes manchons de compression et mes gants complets.

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(Merci au contingent brésilien pour les belles photos!)

Dans le premiers 5km, déjà 200m de montée. Trois belles côtes, où les cyclistes se suivent à la queue-leu-leu. Puis entre les villages de Marston et un repassage à Lac-Mégantic, pendant environ 40km, un relief ondulant et rapide. Il fait super beau, la vitesse et a cadence sont là, je pousse mais pas trop – je sais qu’il y a deux belles montées qui m’attendent… Je jase avec d’autres cyclistes dans les montées, je me fais clancher par Lyne Bessette, championne olympique, la vie est belle!

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63km, premier arrêt. J’en profite pour laisser mon manteau – il commence à faire vraiment chaud. Je fais le plein de boisson énergétique et de bouffe. Toujours une superbe journée, on continue!

80km – première montée – route du Morne (voir plus haut). Solide montée, mais j’étais très prêt et elle passe relativement vite. On redescent ensuite, et une autre belle séquence de paysage ondulant à 45km/h. À 110km, retour à Lac-Mégantic, et on refait les trois mêmes côtes du début.

125km, changement de cap, on vire pour aller vers le Mont Mégantic. Je n’ai pas fait cette section en automobile. J’aurais dû… Les 5-10 premiers kilomètres montent, montent et montent, sans trop descendre… Puis, quand c’est le temps de descendre, vers 140km, on arrive dans une zone de travaux routiers où c’est très raboteux au début, puis superbe asphalte mais vent de face qui donne l’impression qu’on avance plus du tout. Aye aye aye, les 30 prochains kilomètres sont pénibles, jusqu’à ce qu’on tourne vers la route qui mène au poste de douanes, et qu’on a maintenant le vent dans le côté, avec plus d’arbres pour couper l’effet du vent.

Ça va très bien sur cette section, mais je me retiens de pousser, car je sais qu’à 179km, il y a la côte magnétique, une autre belle montée. Mais encore là je suis prêt, je monte avec grand effort, mais de façon fluide, je passe 5-6 autres cyclistes dans la montée, et j’arrive enfin à T2, où je passe le flambeau à Caroline. Ma course est finie!

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On grince des dents dans la dernière montée!

Bière, hot dog, hamburger… déluge? Je relaxe un peu, sous la tente, le temps que l’averse passe. Puis je me dirige vers T3 pour attendre Alexandre.


Je pensais manger quelque chose à l’Astrolab (T3). Erreur… il n’y a pas de resto. Quelques snacks à la boutique de souvenirs… Je me ramasses donc des craquelins, des chips de pomme, un V8, des Pringles et une Kronobar. Je mange un bagel qui me restait dans l’auto… Ça va faire l’affaire! J’essaie de dormir mais l’adrénaline et l’excitation autour font que je vais plutôt me promener à T3, et je jase avec tout le monde. Je vois passer Caroline, et je lui souhaite bonne chance. Puis j’attends Alex, qui arrive à 8:30. On peut donc s’élancer vers le sommet ensemble!


S’élancer est un bien grand mot… ramper est plus approprié. Racines, bouette, roche, roche et encore plus de roche. Des murs de roche à grimper. Dans le noir. On voit très peu devant nous. On avance très lentement. C’est dur. Alex est évidemment fatigué de sa longue journée, mais ma job c’est de le stimuler et de lui botter le derrière quand c’est nécessaire, et de m’assurer quil ne se casse pas la figure. Je ne suis pas bien équipé pour la montée (j’aurais préféré avoir des souliers de trail plutôt que mes petits racers plats qui glissaient dans la bouette) mais bon, ça fait la job quand même… J’ai deux bouteilles de vélo pour boire, je mange mes pringles et du saucisson aux ravitaillements.

Après 3:30 de déambulations dans la montagne, 3:30 à se jaser et se connaitre mieux (et rattraper le temps perdu depuis l’université), on arrive à la route du sommet, Alex sprint jusqu’à la ligne d’arrivée et je trottine tranquillement, le laissant savourer son moment de gloire.

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Deux gars bien contents!!!

Puis soudainement, le dur retour à la réalité… je dois travailler dans 8h moi! Je ramasse mes choses et je me tape le retour à Laval dans la nuit. Quelle journée!!!

En rétrospective, c’est ça pour moi, le triathlon. Les résultats, c’est bien beau, c’est bien fun mais ce qui m’a fait le plus tripper dans la journée, c’est de courir/marcher/ramper avec Alex. De recevoir les encouragements de Jean et de toutes les autres équipes de support le long de la course. D’avoir un high five de Caroline à T2, et ensuite de lui rendre la monnaie à T3. De jaser avec Sandrine, Jean-Marc, Sylvie et plein d’autres avant, pendant, après la course. D’avoir un gars de la place me payer une bière à T2 parce que j’avais pas de monnaie dans mon suit, un autre triathlète (David) plus nanti me payer un hot dog, et finalement le cook me donner un burger gratuit. Intéragir avec une organisation qui écoute, qui jase, qui supporte des athlètes humains. Pour moi, le triathlon, sans toute l’expérience qui va autour, c’est beaucoup moins intéressant. La seule chose qui manquait à cette belle journée c’était Diana et les filles! Mais bon… Sabrina rencontrait un acteur de Harry Potter, je la comprends!!!


Pour ceux que ça intéresse, des chiffres et des réflexions:

  • 4 bouteilles d’électrolytes sur le vélo @265 calories chacune, 1 bouteille d’eau. 1 barre Mars @240calories. 4 barres Nakd @170 calories. 2 barres de chocolat noir K’ul @270 calories. Total de calories ingérées sur le vélo: 2520. Plus que ce la moyenne des gens mangent en une journées. Et c’est sans compter une demie-douzaine de capsules de sel supplémentaire… Mais au bout de la ligne, plan de nutrition parfait.
  • Calories dépensées? Environ 4300…
  • Un VI (index de variabilité) de 1.22. Ça veut dire en gros, que j’ai fait de gros changements de puissance régulièrement, plutôt que de me tenir constant pendant toute la course. Le nombre de montées est la première raison, et la deuxième (et principale) est que comme je ne courais pas après le vélo, je n’avais pas trop à me soucier de l’état de mes jambes.
  • Une puissance normalisée exactement on target (197W). Z2. Cadence de 83, on target aussi.
  • Fréquence moyenne à 130bpm, encore là en Z2. Pas d’excès.
  • J’avais dit à mes coéquipiers: entre 5:45 et 6:30, je vais être satisfait. Un petit peu off target (mais en comparant avec les autres, je suis dans le top tiers pour la portion vélo). Je ne me plains pas. J’ai surestimé ma vitesse, et le vent du dernier 40km m’a ralenti.
  • La température est passée de 10 Celsius au début de la course, à 26 Celsius en fin de course. Mais c’est la beauté du support automobile: j’avais toutes les combinaisons possibles pour toutes les températures possibles dans l’auto.
  • 2700m de grimpe 🙂

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Jour 64: Force mentale

Ça c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup… comment travailler le cerveau à ignorer la douleur, la souffrance. C’est souvent ce qui distingue les bons athlètes des grands athlètes. Il y a beaucoup de livres sur le sujet. How Bad Do You Want It? de Matt Fizgerald, dont j’ai déjà parlé dans le passé. J’ai présentement sur mon bureau The Champion Mindset de Joanna Zeiger; j’en parlerai quand j’aurai passé au travers.

Mais il existe des façons biologiques / technologiques d’augmenter le mental: Halo Sport. Un genre d’écouteurs qui stimule le cerveau durant le réchauffement avant un entraînement, dans le but de « primer » celui-ci à mieux performer. La recherche soutient le bidule. Est-ce que ça marche? Difficile à quantifier, mais ceux qui ont testé ont effectivement mieux performé. Un peu cher, mais pas inabordable.

Ceux qui doutent de la science noteront que c’est assez solide pour que les gens du milieu commencent à s’intérroger sur la légalité de la chose (en terme de dopage).


Un petit fartlek en matinée! Derniers intervalles de courses avant Tremblant. Feeling: la course va bien. Très bien.